• Crimes et maladies,  Croyances et moeurs,  XVII et XVIIIème siècles

    Infanticides : la détresse des femmes sous l’Ancien Régime

       Depuis la fin du XXème siècle, les infanticides sont rarissimes. Ce comportement nous parait si monstrueux que lorsqu’un cas survient, il fait la une des tabloïdes. Ils sont plus nombreux sous l’Ancien-Régime, mais restent tout aussi dramatiques. La mère est la première victime : mise au ban de la société si sa grossesse est découverte, peu d’options s’offrent à elle.    Du XVIème siècle à nos jours, des dizaines de milliers de femmes ont été traduites en justice pour ce crime : au moins 1 500 (sans doute beaucoup plus) ont été condamnées et pendues entre le XVIème et le XVIIIème.   Le décret d’Henri II    L’avortement est, au Moyen-Âge, une…

  • Croyances et moeurs,  Princes au quotidien,  XVII et XVIIIème siècles

    Hygiène à Versailles : bain, dentifrice et chaise percée !

       Une légende persistante veut que Louis XIV n’ait pris qu’un seul bain au cours de sa vie… De nos jours, la Cour du Roi-Soleil est particulièrement décriée pour son hygiène déplorable. Il est vrai qu’au Moyen-Âge, on se lave beaucoup plus souvent que sous l’Ancien-Régime, époque qui semble afficher une régression dans ce domaine. Mais les courtisans de Versailles sont loin d’être ces monstres de saleté, ces personnages crasseux et emperruqués qui se soulagent dans les couloirs et se parfument à l’excès dans le seul but de camoufler leurs odeurs corporelles.   L’eau et la propreté     Contrairement à une idée reçue, Versailles dispose d’arrivées d’eau courante dès le…

  • Dames de coeur,  XVII et XVIIIème siècles

    Louise de Polastron, Ange rédempteur du comte d’Artois

       « C’était la tendresse vivante » nous affirme Lamartine. Personnalité touchante et discrète, coquette mais point ambitieuse, celle que Marie-Antoinette surnommait « la bonne Louise » demeura la maîtresse du comte d’Artois, futur Charles X, jusqu’à sa mort. Ce grand amateur de femmes particulièrement frivole, sut reconnaître en Louise des qualités de cœur qui inspirèrent à ses contemporains éloges et compliments poétiques.   La jeunesse dorée du XVIIIème siècle    Louise d’Esparbès de Lussan, née le 19 octobre 1764, ne connaîtra jamais sa mère, morte six semaines après lui avoir donné le jour. Elle noue en revanche des liens très forts avec son grand-père maternel.    Issue d’une noble et très ancienne famille…

  • Crimes et maladies,  Princes au quotidien,  XVII et XVIIIème siècles

    La maladie de Crohn : tombeau du Roi Louis XIII

    Les colères du Dauphin    Lorsque le Dauphin Louis, premier enfant d’Henri IV et Marie de Médicis, naît le 27 septembre 1601 au château de Fontainebleau, c’est un gros bébé qui fait la fierté de ses parents. Il promet de surpasser son père en résistance physique ! Enfant en effet, il déborde de vie et aime particulièrement les activités de plein air. Il faut le tenir constamment occupé.    Cependant, c’est aussi un bambin colérique, qui pique des crises sans prévenir pour un oui ou pour un non. Ces sautes d’humeur font partie de son caractère : très fier et imbu de sa naissance, il méprise (gentiment mais fermement) les bâtards nés…

  • Dames de coeur,  Princes au quotidien,  XVII et XVIIIème siècles

    Éléonore de Liechtenstein : amour impossible de Joseph II

    Lori et Poldi    Éléonore, issue de la noble famille bavaroise des ducs d’Oettingen, naît en 1745. Lori, comme on la surnomme, passe toute sa jeunesse en compagnie de sa sœur aînée de quatre ans, Léopoldine, dite Poldi. Main dans la main, elles arpentent les forêts d’Allemagne du Sud, qui environnent la propriété familiale. Elles rêvent, s’imprègnent de romantisme en dévorant ensemble les auteurs de la nouvelle littérature anglaise sentimentale. Elles sont inséparables. Cette enfance solitaire vécue en fusion totale avec sa sœur chérie est subitement interrompue lorsque, à l’âge de 15 ans, Éléonore devient l’un des plus beaux partis de l’Empire. Elle hérite en effet de sa tante un…

  • Les allées du pouvoir,  Premier Empire,  Progéniture et fratrie : casse-tête chinois,  Restauration,  XVII et XVIIIème siècles

    Charlotte, fille aînée du Roi fou George III

      Princess Royal    Le 29 septembre 1766, la Reine d’Angleterre Charlotte de Mecklenburg-Strelitz accouche d’une petite princesse. Elle a déjà donné à son époux, le Roi George III, trois beaux garçons : George, prince de Galles, Frederick et William. C’est donc la première fille du couple. On la baptise Charlotte, comme sa mère, mais elle sera connue sous le nom de « Princess Royal » ou « Royal ».    Dès ses plus jeunes années, Royal développe un complexe d’infériorité par rapport à ses sœurs, surtout à l’égard d’Augusta, née en novembre 1768, et d’Elizabeth, née en mai 1770. Au sein du trio des filles aînées, la comparaison systématique lui est défavorable…

  • Premier Empire,  Progéniture et fratrie : casse-tête chinois,  XVII et XVIIIème siècles

    Amélia, dernière fille du Roi fou George III

    « Emily »    La princesse Amélia d’Angleterre naît le 7 août 1783, au château de Windsor. Elle est la quinzième (oui, oui !) et dernière enfant du Roi George III d’Angleterre et de son épouse, la très prolifique Reine Charlotte de Mecklenburg-Strelitz. Cette naissance survient quelques semaines seulement après la mort d’un fils, le prince Octavius. Le couple fait immédiatement un transfert d’affection sur Amélia, surtout George III : la compagnie de la petite semble atténuer sa peine.    En tant que « bébé de la famille », la princesse occupe une position à part dans la fratrie : c’est une enfant choyée. Sixième fille du couple, elle a dix-sept ans d’écart avec sa sœur la…

  • Les allées du pouvoir,  Princes au quotidien,  XVII et XVIIIème siècles

    Marie-Louise, Reine-enfant de Philippe V d’Espagne

    Philippe V de Bourbon, Roi d’Espagne     Le 1er novembre 1700, le maladif Charles II de Habsbourg, Roi d’Espagne, meurt sans héritier : dans son testament il désigne comme successeur le second petit-fils de Louis XIV, Philippe, duc d’Anjou. Léopold Ier de Habsbourg, Empereur du Saint-Empire romain germanique, qui voyait déjà la couronne échoir à son fils l’archiduc Charles, ne se remet pas de cette fracassante nouvelle !    Renonçant au trône de France, le duc d’Anjou devient Philippe V d’Espagne. Déraciné de Versailles, séparé de ses frères qu’il n’a jamais quittés depuis sa naissance, il s’installe à Madrid le 19 février 1701.    Le nouveau monarque gagne presque immédiatement le cœur…

  • Croyances et moeurs,  Princes au quotidien,  XVII et XVIIIème siècles

    Ferdinand IV de Naples, un souverain… pas très royal !

       Ferdinand IV de Naples, puis Ferdinand Ier des Deux-Siciles (1751 – 1825) restera pour ses sujets le bien-aimé Re Nasone (Roi Gros Nez…) ou Re Lazzaroni. Sa popularité auprès de ce petit peuple napolitain, les lazzaroni, ne se démentira jamais, et lui permettra de remonter sur le trône des Deux-Siciles après l’ouragan Bonaparte !    Mais qu’avait donc le Roi Ferdinand de si particulier pour s’attacher durablement l’affection de ses sujets les plus humbles ?   Un peuple insouciant    Les Napolitains sont un peuple expressif : ils aiment parler et rire bruyamment, gesticuler, dire ce qu’ils pensent et laisser libre cours à leurs passions. Ils sont excessifs aussi, passant d’un…

  • Fêtes, arts et création,  Renaissance,  XVII et XVIIIème siècles

    La mode excentrique des fraises : évolutions

       Après un article sur la mode des perruques, et un autre sur la mode des mouches, je me penche à présent sur les fraises…    À la Cour de France, la seconde moitié du XVIème siècle consacre un nouveau type de col qui, objet de multiples variations, va faire fureur jusqu’au début du XVIIème siècle : la fraise. Adoptée dans la plupart des pays d’Europe, elle est l’ancêtre de tous les collets, jabots, cravates et cols qui foisonneront au cours des siècles suivants.   1550 : le décolleté est dissimulé    Jusqu’à la fin du règne de François Ier (1515 – 1547) et même au tout début du règne d’Henri II (1547 –…

  • Croyances et moeurs,  Princes au quotidien,  Restauration,  Second Empire,  XVII et XVIIIème siècles

    « Graille », « Néné », « Pimpin » et autres surnoms… princiers !

       À partir du XVIIIème siècle, la mode est aux surnoms dans les Cours princières européennes. En veut-on un exemple ? Au sein de la petite société d’intimes que la Reine de France Marie Leszczynska aime à recevoir dans ses appartements, on use de pseudonymes : les courtisans sont « le Fauteuil », « Petit Train », « Cadet », « Papète », « La Poule »… La progéniture royale n’échappe pas à cet engouement pour les petits noms affectueux, parfois ridicules, souvent touchants !   Mesdames de France    Madame Elisabeth, première née des enfants de France, est surnommée « Babette » par Louis XV dès sa naissance en 1727. Babette et sa jumelle Henriette sont ses deux filles préférées. Ce n’est que peu après…

  • Favorites et courtisanes,  XVII et XVIIIème siècles

    Madame de Montespan – Jean-Christian Petitfils

       Après avoir dévoré « Louise de La Vallière » de Jean-Christian Petitfils, je ne pouvais manquer la biographie de celle qui lui ravit le cœur du Roi !    La rencontre entre Athénaïs de Montespan et Louis XIV transforma le règne du Roi-Soleil. C’est au contact de cette femme au charme sensuel qui sait lui tenir tête, pour qui il éprouve une attirance charnelle, que Louis XIV devient Louis XIV, ce monarque imposant et majestueux, et que Versailles rayonne dans toute l’Europe. Leur liaison coïncide avec la période la plus flamboyante du règne, et c’est la favorite qui lui donna cette impulsion brillante. Procurez-vous “Madame de Montespan” de Jean-Christian Petitfils !  …