• Crimes et maladies,  Progéniture et fratrie : casse-tête chinois,  XVII et XVIIIème siècles

    Hécatombe dans la famille de Louis XIV

         En ce début d’année 1711, Louis XIV est un monarque vieillissant de plus de soixante-dix ans. Son autorité est reconnue et respectée dans toutes les Cours d’Europe. Il peut se targuer d’être le plus puissant Roi du monde.    Une domination qui passe par sa descendance, bien pourvue en mâles, vitrine de sa souveraineté. Ils garantissent une continuité dynastique sur plusieurs générations. Une confiance en l’avenir qui va, au cours des quatre années qui lui restent à vivre, être terriblement mise à mal…   Une descendance assurée    Louis XIV a eu six enfants de son union avec Marie-Thérèse d’Autriche. Un seul a survécu : Louis, Monseigneur, dit le…

  • Hommes et femmes illustres,  Les allées du pouvoir,  XVII et XVIIIème siècles

    Antoine Crozat, le français qui possédait l’Amérique, de Pierre Ménard

         Chers lecteurs, vous connaissez à présent mon faible pour les oubliés de l’Histoire. Sans cet ouvrage, la première biographie qui lui est consacrée, la vie d’Antoine Crozat menaçait de rester ensevelie sous des noms plus ou moins prestigieux qui lui damnent le pion dans la mémoire collective depuis près de trois siècles.    Pourtant, ce personnage haut en couleurs fut l’un des plus puissants financiers de son époque. Évoluant dans les cercles les plus fermés, il gravita autour du pouvoir suprême pendant plusieurs décennies, prêtant de l’argent à l’État sous Louis XIV et sous la régence de Philippe d’Orléans. C’est ce destin hors du commun que vous compte…

  • Crimes et maladies,  Croyances et moeurs,  XVII et XVIIIème siècles

    Infanticides : la détresse des femmes sous l’Ancien Régime

       Depuis la fin du XXème siècle, les infanticides sont rarissimes. Ce comportement nous parait si monstrueux que lorsqu’un cas survient, il fait la une des tabloïdes. Ils sont plus nombreux sous l’Ancien-Régime, mais restent tout aussi dramatiques. La mère est la première victime : mise au ban de la société si sa grossesse est découverte, peu d’options s’offrent à elle.    Du XVIème siècle à nos jours, des dizaines de milliers de femmes ont été traduites en justice pour ce crime : au moins 1 500 (sans doute beaucoup plus) ont été condamnées et pendues entre le XVIème et le XVIIIème.   Le décret d’Henri II    L’avortement est, au Moyen-Âge, une…

  • Croyances et moeurs,  Princes au quotidien,  XVII et XVIIIème siècles

    Hygiène à Versailles : bain, dentifrice et chaise percée !

        Une légende persistante veut que Louis XIV n’ait pris qu’un seul bain au cours de sa vie… De nos jours, la Cour du Roi-Soleil est particulièrement décriée pour son hygiène déplorable. Il est vrai qu’au Moyen-Âge, on se lave beaucoup plus souvent que sous l’Ancien-Régime, époque qui semble afficher une régression dans ce domaine. Mais les courtisans de Versailles sont loin d’être ces monstres de saleté, ces personnages crasseux et emperruqués qui se soulagent dans les couloirs et se parfument à l’excès dans le seul but de camoufler leurs odeurs corporelles.   L’eau et la propreté     Contrairement à une idée reçue, Versailles dispose d’arrivées d’eau courante dès…

  • Dames de coeur,  XVII et XVIIIème siècles

    Louise de Polastron, Ange rédempteur du comte d’Artois

         « C’était la tendresse vivante » affirme Lamartine. Personnalité touchante et discrète, coquette mais point ambitieuse, celle que Marie-Antoinette surnommait « la bonne Louise » demeura la maîtresse du comte d’Artois, futur Charles X, jusqu’à sa mort. Ce grand amateur de femmes particulièrement frivole, sut reconnaître en Louise des qualités de cœur qui inspirèrent à ses contemporains éloges et compliments poétiques.   La jeunesse dorée du XVIIIème siècle    Louise d’Esparbès de Lussan, née le 19 octobre 1764, ne connaîtra jamais sa mère, morte six semaines après lui avoir donné le jour. Elle noue en revanche des liens très forts avec son grand-père maternel.    Issue d’une noble et très ancienne famille…

  • Crimes et maladies,  Princes au quotidien,  XVII et XVIIIème siècles

    La maladie de Crohn : tombeau du Roi Louis XIII

      Les colères du Dauphin    Lorsque le Dauphin Louis, premier enfant d’Henri IV et Marie de Médicis, naît le 27 septembre 1601 au château de Fontainebleau, c’est un gros bébé qui fait la fierté de ses parents. Il promet de surpasser son père en résistance physique ! Enfant en effet, il déborde de vie et aime particulièrement les activités de plein air. Il faut le tenir constamment occupé.    Cependant, c’est aussi un bambin colérique, qui pique des crises sans prévenir pour un oui ou pour un non. Ces sautes d’humeur font partie de son caractère : très fier et imbu de sa naissance, il méprise (gentiment mais fermement) les bâtards…

  • Dames de coeur,  Princes au quotidien,  XVII et XVIIIème siècles

    Éléonore de Liechtenstein : amour impossible de Joseph II

      Lori et Poldi    Éléonore, issue de la noble famille bavaroise des ducs d’Oettingen, naît en 1745. Lori, comme on la surnomme, passe toute sa jeunesse en compagnie de sa sœur aînée de quatre ans, Léopoldine, dite Poldi. Main dans la main, elles arpentent les forêts d’Allemagne du Sud, qui environnent la propriété familiale. Elles rêvent, s’imprègnent de romantisme en dévorant ensemble les auteurs de la nouvelle littérature anglaise sentimentale. Elles sont inséparables. Cette enfance solitaire vécue en fusion totale avec sa sœur chérie est subitement interrompue lorsque, à l’âge de 15 ans, Éléonore devient l’un des plus beaux partis de l’Empire. Elle hérite en effet de sa tante…

  • Les allées du pouvoir,  Premier Empire,  Progéniture et fratrie : casse-tête chinois,  Restauration,  XVII et XVIIIème siècles

    Charlotte, fille aînée du Roi fou George III

      Princess Royal    Le 29 septembre 1766, la Reine d’Angleterre Charlotte de Mecklenburg-Strelitz accouche d’une petite princesse. Elle a déjà donné à son époux, le Roi George III, trois beaux garçons : George, prince de Galles, Frederick et William. C’est donc la première fille du couple. On la baptise Charlotte, comme sa mère, mais elle sera connue sous le nom de « Princess Royal » ou « Royal ».    Dès ses plus jeunes années, Royal développe un complexe d’infériorité par rapport à ses sœurs, surtout à l’égard d’Augusta, née en novembre 1768, et d’Elizabeth, née en mai 1770. Au sein du trio des filles aînées, la comparaison systématique lui est défavorable…

  • Premier Empire,  Progéniture et fratrie : casse-tête chinois,  XVII et XVIIIème siècles

    Amélia, dernière fille du Roi fou George III

    « Emily »    La princesse Amélia d’Angleterre naît le 7 août 1783, au château de Windsor. Elle est la quinzième (oui, oui !) et dernière enfant du Roi George III d’Angleterre et de son épouse, la très prolifique Reine Charlotte de Mecklenburg-Strelitz. Cette naissance survient quelques semaines seulement après la mort d’un fils, le prince Octavius. Le couple fait immédiatement un transfert d’affection sur Amélia, surtout George III : la compagnie de la petite semble atténuer sa peine.    En tant que « bébé de la famille », la princesse occupe une position à part dans la fratrie : c’est une enfant choyée. Sixième fille du couple, elle a dix-sept ans d’écart avec sa sœur la…

  • Les allées du pouvoir,  Princes au quotidien,  XVII et XVIIIème siècles

    Marie-Louise, Reine-enfant de Philippe V d’Espagne

      Philippe V de Bourbon, Roi d’Espagne     Le 1er novembre 1700, le maladif Charles II de Habsbourg, Roi d’Espagne, meurt sans héritier : dans son testament il désigne comme successeur le second petit-fils de Louis XIV, Philippe, duc d’Anjou. Léopold Ier de Habsbourg, Empereur du Saint-Empire romain germanique, qui voyait déjà la couronne échoir à son fils l’archiduc Charles, ne se remet pas de cette fracassante nouvelle !    Renonçant au trône de France, le duc d’Anjou devient Philippe V d’Espagne. Déraciné de Versailles, séparé de ses frères qu’il n’a jamais quittés depuis sa naissance, il s’installe à Madrid le 19 février 1701.    Le nouveau monarque gagne presque immédiatement le…

  • Croyances et moeurs,  Princes au quotidien,  XVII et XVIIIème siècles

    Ferdinand IV de Naples, un souverain… pas très royal !

       Ferdinand IV de Naples, puis Ferdinand Ier des Deux-Siciles (1751 – 1825) restera pour ses sujets le bien-aimé Re Nasone (Roi Gros Nez…) ou Re Lazzaroni. Sa popularité auprès de ce petit peuple napolitain, les lazzaroni, ne se démentira jamais, et lui permettra de remonter sur le trône des Deux-Siciles après l’ouragan Bonaparte !    Mais qu’avait donc le Roi Ferdinand de si particulier pour s’attacher durablement l’affection de ses sujets les plus humbles ?   Un peuple insouciant    Les Napolitains sont un peuple expressif : ils aiment parler et rire bruyamment, gesticuler, dire ce qu’ils pensent et laisser libre cours à leurs passions. Ils sont excessifs aussi, passant d’un…

  • Fêtes, arts et création,  Renaissance,  XVII et XVIIIème siècles

    La mode excentrique des fraises : évolutions

         Après un article sur la mode des perruques, et un autre sur la mode des mouches, je me penche à présent sur les fraises…    À la Cour de France, la seconde moitié du XVIème siècle consacre un nouveau type de col qui, objet de multiples variations, va faire fureur jusqu’au début du XVIIème siècle : la fraise. Adoptée dans la plupart des pays d’Europe, elle est l’ancêtre de tous les collets, jabots, cravates et cols qui foisonneront au cours des siècles suivants.   1550 : le décolleté est dissimulé    Jusqu’à la fin du règne de François Ier (1515 – 1547) et même au tout début du règne d’Henri II (1547…