• Fêtes, arts et création,  Renaissance,  XVII et XVIIIème siècles

    La mode excentrique des fraises : évolutions

         Après un article sur la mode des perruques, et un autre sur la mode des mouches, je me penche à présent sur les fraises…    À la Cour de France, la seconde moitié du XVIème siècle consacre un nouveau type de col qui, objet de multiples variations, va faire fureur jusqu’au début du XVIIème siècle : la fraise. Adoptée dans la plupart des pays d’Europe, elle est l’ancêtre de tous les collets, jabots, cravates et cols qui foisonneront au cours des siècles suivants.   1550 : le décolleté est dissimulé    Jusqu’à la fin du règne de François Ier (1515 – 1547) et même au tout début du règne d’Henri II (1547…

  • Dames de coeur,  Fêtes, arts et création,  Les allées du pouvoir,  Second Empire

    Blanche de Païva, Lionne de Paris

         L’Hôtel de La Païva est l’un des plus beaux hôtels particuliers de Paris. Propriété d’un club anglais très select depuis 1903, le « Traveler ‘s Club », il n’est ouvert au public que sur visites guidées. Visite qui a été pour moi l’occasion d’en apprendre plus sur la mystérieuse Païva, l’une des demi-mondaines les plus détestées mais aussi admirées du Second Empire. Une femme d’exception.    3 prénoms, 3 mariages, et de multiples amants… Ce sont les étapes de l’ascension sociale spectaculaire d’une femme qui a côtoyé les bas-fonds de la prostitution avant de tenir le salon le plus couru de Paris : Blanche, alias Thérèse, alias Esther.   De…

  • Fêtes, arts et création,  Fin XIXème et XXème siècle

    Anna Held : gloire et désillusions d’une étoile de Broadway

       Dans la première partie de cet article, vous découvriez Anna Held à ses débuts, depuis sa fuite de Pologne aux vaudevilles de Paris en passant par les théâtres yiddish de Londres. Lorsqu’elle rencontre Florenz Ziegfeld, elle abandonne son premier mari et sa fille Liane pour le suivre en Amérique. Producteur de génie et précurseur de ce que l’on appellera plus tard la “communication”, il parvient à exploiter au mieux les talents et spécificités d’Anna.    Les yeux impertinents (véritable marque de fabrique), la taille de guêpe et la “french touch” très sensuelle de la belle font des ravages sur les scènes de Broadway. Amoureux, mariés aux yeux de la…

  • Fêtes, arts et création,  Princes au quotidien,  XVII et XVIIIème siècles

    Mesdames de France musiciennes

         La musique participe presque obligatoirement à l’éducation d’une princesse, au même titre que la danse ou le chant. Dans le cas de Mesdames, filles de Louis XV et Marie Leszczynska, la musique va prendre une place particulière.    Pour au moins quatre des six filles du couple qui atteindront l’âge adulte, Henriette, Adélaïde, Victoire et Sophie, la musique devient un véritable « dérivatif au néant de leur existence », une activité qui justifie la vie tristement vaine et monotone de ces princesses.   La passion des filles de France    Mesdames sont plongées dès leur plus tendre enfance dans cet univers artistique. Si Louis XV n’est guère sensible qu’aux sonneries de…

  • Fêtes, arts et création,  Fin XIXème et XXème siècle

    Anna Held : humour et audace, l’ascension d’un phénomène

       Dans un précédant article, je vous parlais de la talentueuse et éclatante Cécile Sorel. Voici à présent la piquante et mutine Anna Held. Incarnation de la française glamour et coquine, Anna va réussir à s’imposer dans le monde complexe du théâtre grâce à son image de parisienne savamment cultivée. Elle va prendre le chemin de l’Amérique… où l’attend son destin.   Trouver sa voie    Anna Held prétend être née à Paris en 1873. En fait, elle naît vers 1869 à Warsaw, en Pologne. Elle affirmera toujours être née à Paris, ce qui, d’une certaine façon, est la vérité : c’est dans la capitale française qu’elle a commencé à devenir…

  • Fêtes, arts et création,  XVII et XVIIIème siècles

    La Galerie des Glaces, ou comment la France éclipsa Venise

       La conception de la Galerie des Glaces est le fruit d’une étroite collaboration entre deux des plus brillants artistes du règne de Louis XIV : l’architecte Jules Hardouin-Mansart et le peintre Charles Lebrun. C’est aussi la naissance d’une forme de suprématie artistique à la française.   Une prouesse technique et architecturale    A l’origine, une terrasse édifiée par Le Vau surplombait le parterre d’eau et séparait les appartements du Roi de ceux de la Reine. Louis XIV veut en faire une galerie somptueuse, qui puisse servir aux cérémonies et réceptions officielles de la Cour, une construction rappelant la puissance de la France et de son Roi, alors grand vainqueur de…

  • Fêtes, arts et création,  Second Empire

    L’Impératrice Eugénie et les arts : inspiration Marie-Antoinette

         En janvier 1853, Eugénie de Guzman, Mlle de Montijo, devient Impératrice des Français aux côtés de Napoléon III. Croulant sous les nouvelles responsabilités officielles, Eugénie doit s’imposer. Elle va réussir dans le domaine des arts décoratifs en donnant à son règne « un style et une impulsion mémorables », aménageant les résidences impériales avec un goût très sûr.   Redécouverte du XVIIIème siècle : une souveraine en phase avec son époque    Ce goût très sûr de l’Impératrice se manifeste, en matière de décoration, par un très fort attrait pour le XVIIIème siècle. En cela, Eugénie est en phase avec son époque. En effet, certains contemporains de Marie-Antoinette et Louis XVI…

  • Croyances et moeurs,  Fêtes, arts et création,  Princes au quotidien,  XVII et XVIIIème siècles

    Quand les Bourbons portaient perruque

      S’il est bien un symbole absolu de l’Ancien Régime, c’est la perruque.    Assurément, les Bourbons ne l’ont pas inventée. Elle est présente dès l’Antiquité, chez les Egyptiens, puis chez les Grecs et les Romains. Certains Rois, princes ou ducs, victimes d’une perte de cheveux disgracieuse et précoce, se parent d’une perruque. Mais ils y sont alors forcés par la dure nécessité…    Réellement adoptée sous Louis XIII, la perruque devient un accessoire de mode à part entière : on ne cherche plus à la camoufler. Louis XIV en fait le symbole de la majesté et de la virilité royale, un objet de prestige. La mode Louis XV se démarque…

  • Fêtes, arts et création,  Fin XIXème et XXème siècle

    Bal costumé de 1903 : derniers feux de la Russie Impériale

           Les 11 et 13 février 1903, pour commémorer le bicentenaire de la fondation de Saint-Pétersbourg par Pierre le Grand, deux fastueux bals costumés sont donnés au palais d’Hiver, en souvenir du temps des boyards, les anciens nobles russes.    Les invités du dernier tsar Nicolas II, tenus de se présenter en costumes de l’ancienne Russie, sont parés avec un luxe inouï. Le 11 février, la fête est réservée à la famille impériale, mais elle est renouvelée le 13 : les représentants des pays étrangers et leurs proches ainsi que les plus grandes familles moscovites sont conviés.    Ressuscitant le glorieux passé des Romanov, ce bal du 13 février nous est…

  • Fêtes, arts et création,  L'histoire en portraits,  Premier Empire,  Princes au quotidien

    Statue scandaleuse : Pauline Bonaparte pose nue pour Canova

          La nymphe de Rome    Pauline Bonaparte, sœur préférée de Napoléon, épouse en seconde noce le prince Camille Borghèse en 1803. A vingt-trois ans, elle quitte donc Paris pour Rome, où la famille possède plusieurs somptueuses propriétés : la Villa Borghèse, qui abrite une impressionnante collection d’œuvres d’art, et le palais Borghèse, dans lequel elle réside avec son époux.    Cet Apollon charmant mais peu instruit et peu cultivé, lui apporte, sinon la passion amoureuse qu’elle ira assouvir en entretenant une collection prodigieuse d’amants, le titre de princesse. Pauline devient membre à part entière de l’une des familles les plus anciennes et les plus respectées de la cité…

  • Fêtes, arts et création,  Fin XIXème et XXème siècle

    Cécile Sorel, comédienne en plumes et paillettes

       « Dans la vie, si vous n’êtes pas exigeant, vous n’obtenez rien » Cécile Sorel (1873 – 1966)    Parisienne née le 17 septembre 1873, Céline Seurre (de son vrai nom) est très vite saisie par la vocation artistique. Elle décide dès l’adolescence, avec une hauteur presque royale : « Je serai comédienne ». Elle le sera en effet. Avec quel talent ! Avec quel panache !    Le nom de sa sœur aînée, Emma Seurre, sera éclipsé par celui de son mari, Léopold Reutlinger, l’un des photographes les plus reconnus de son temps, qui réalisera d’ailleurs d’innombrables clichés des actrices les plus célèbres.    Céline Seurre brillera par elle-même sur la scène pendant plus d’un…

  • castiglione
    Fêtes, arts et création,  Second Empire

    La Castiglione, ses photos : folie et obsession

           Dans la première partie de cet article, je vous dévoilais l’œuvre moderne de la Castiglione en photographie (voir La Castiglione, ses photos : fascination et modernisme), sa capacité novatrice à jouer avec l’objectif et à se mettre en scène.    De 1867 à 1875, Virginia de Castiglione abandonne totalement la photographie. Depuis l’Italie lui parviennent des échos de la terrible défaite de Sedan face à la Prusse et de l’écroulement du Second Empire en 1870.    S’installant à nouveau dans la capitale, elle vit avec ses chiens pour seuls compagnons et ne reçoit plus personne. Lors de ses rares sorties, elle se couvre d’un voile pour que personne ne…