• Fêtes, arts et création,  XVII et XVIIIème siècles

    La Galerie des Glaces, ou comment la France éclipsa Venise

       La conception de la Galerie des Glaces est le fruit d’une étroite collaboration entre deux des plus brillants artistes du règne de Louis XIV : l’architecte Jules Hardouin-Mansart et le peintre Charles Lebrun. C’est aussi la naissance d’une forme de suprématie artistique à la française.   Une prouesse technique et architecturale    A l’origine, une terrasse édifiée par Le Vau surplombait le parterre d’eau et séparait les appartements du Roi de ceux de la Reine. Louis XIV veut en faire une galerie somptueuse, qui puisse servir aux cérémonies et réceptions officielles de la Cour, une construction rappelant la puissance de la France et de son Roi, alors grand vainqueur de…

  • Fêtes, arts et création,  Second Empire

    L’Impératrice Eugénie et les arts : inspiration Marie-Antoinette

       En janvier 1853, Eugénie de Guzman, Mlle de Montijo, devient Impératrice des Français aux côtés de Napoléon III. Croulant sous les nouvelles responsabilités officielles, Eugénie doit s’imposer. Elle va réussir dans le domaine des arts décoratifs en donnant à son règne « un style et une impulsion mémorables », aménageant les résidences impériales avec un goût très sûr.   Redécouverte du XVIIIème siècle : une souveraine en phase avec son époque    Ce goût très sûr de l’Impératrice se manifeste, en matière de décoration, par un très fort attrait pour le XVIIIème siècle. En cela, Eugénie est en phase avec son époque. En effet, certains contemporains de Marie-Antoinette et Louis XVI sont…

  • Croyances et moeurs,  Fêtes, arts et création,  Princes au quotidien,  XVII et XVIIIème siècles

    Quand les Bourbons portaient perruque

      S’il est bien un symbole absolu de l’Ancien Régime, c’est la perruque.    Assurément, les Bourbons ne l’ont pas inventée. Elle est présente dès l’Antiquité, chez les Egyptiens, puis chez les Grecs et les Romains. Certains Rois, princes ou ducs, victimes d’une perte de cheveux disgracieuse et précoce, se parent d’une perruque. Mais ils y sont alors forcés par la dure nécessité…    Réellement adoptée sous Louis XIII, la perruque devient un accessoire de mode à part entière : on ne cherche plus à la camoufler. Louis XIV en fait le symbole de la majesté et de la virilité royale, un objet de prestige. La mode Louis XV se démarque…

  • Fêtes, arts et création,  Fin XIXème et XXème siècle

    Bal costumé de 1903 : derniers feux de la Russie Impériale

           Les 11 et 13 février 1903, pour commémorer le bicentenaire de la fondation de Saint-Pétersbourg par Pierre le Grand, deux fastueux bals costumés sont donnés au palais d’Hiver, en souvenir du temps des boyards, les anciens nobles russes.    Les invités du dernier tsar Nicolas II, tenus de se présenter en costumes de l’ancienne Russie, sont parés avec un luxe inouï. Le 11 février, la fête est réservée à la famille impériale, mais elle est renouvelée le 13 : les représentants des pays étrangers et leurs proches ainsi que les plus grandes familles moscovites sont conviés.    Ressuscitant le glorieux passé des Romanov, ce bal du 13 février nous est…

  • Fêtes, arts et création,  L'histoire en portraits,  Premier Empire,  Princes au quotidien

    Statue scandaleuse : Pauline Bonaparte pose nue pour Canova

          La nymphe de Rome    Pauline Bonaparte, sœur préférée de Napoléon, épouse en seconde noce le prince Camille Borghèse en 1803. A vingt-trois ans, elle quitte donc Paris pour Rome, où la famille possède plusieurs somptueuses propriétés : la Villa Borghèse, qui abrite une impressionnante collection d’œuvres d’art, et le palais Borghèse, dans lequel elle réside avec son époux.    Cet Apollon charmant mais peu instruit et peu cultivé, lui apporte, sinon la passion amoureuse qu’elle ira assouvir en entretenant une collection prodigieuse d’amants, le titre de princesse. Pauline devient membre à part entière de l’une des familles les plus anciennes et les plus respectées de la cité…

  • Fêtes, arts et création,  Fin XIXème et XXème siècle

    Cécile Sorel, comédienne en plumes et paillettes

     « Dans la vie, si vous n’êtes pas exigeant, vous n’obtenez rien » Cécile Sorel (1873 – 1966)    Parisienne née le 17 septembre 1873, Céline Seurre (de son vrai nom) est très vite saisie par la vocation artistique. Elle décide dès l’adolescence, avec une hauteur presque royale : « Je serai comédienne ». Elle le sera en effet. Avec quel talent ! Avec quel panache !    Le nom de sa sœur aînée, Emma Seurre, sera éclipsé par celui de son mari, Léopold Reutlinger, l’un des photographes les plus reconnus de son temps, qui réalisera d’ailleurs d’innombrables clichés des actrices les plus célèbres.    Céline Seurre brillera par elle-même sur la scène pendant plus d’un demi-siècle,…

  • castiglione
    Fêtes, arts et création,  Second Empire

    La Castiglione, ses photos : folie et obsession

           Dans la première partie de cet article, je vous dévoilais l’œuvre moderne de la Castiglione en photographie (voir La Castiglione, ses photos : fascination et modernisme), sa capacité novatrice à jouer avec l’objectif et à se mettre en scène.    De 1867 à 1875, Virginia de Castiglione abandonne totalement la photographie. Depuis l’Italie lui parviennent des échos de la terrible défaite de Sedan face à la Prusse et de l’écroulement du Second Empire en 1870.    S’installant à nouveau dans la capitale, elle vit avec ses chiens pour seuls compagnons et ne reçoit plus personne. Lors de ses rares sorties, elle se couvre d’un voile pour que personne ne…

  • Louis xiv et la danse
    Fêtes, arts et création,  XVII et XVIIIème siècles

    Louis XIV et la danse : expression du règne

         Véritable passion au service de sa politique, la danse fait partie intégrante de la vie de Louis XIV dans le premier tiers de son règne. Le Roi-Soleil dansera, au total, dans vingt-sept grands ballets de cour avant de tirer sa révérence en 1670, à l’âge de trente-deux ans. Un royal talent    Le jeune Louis XIV, devenu Roi à l’âge de cinq ans en 1643, n’a que très peu connu son père Louis XIII. C’est sa mère la Régente Anne d’Autriche, et son principal ministre le cardinal Mazarin, qui se chargent de son éducation. Si les activités de l’esprit, telles que la littérature ou la lecture, intéressent peu…

  • danseuses au XIXème
    Croyances et moeurs,  Fêtes, arts et création,  Mensonges, complots et mascarades,  Premier Empire,  Restauration,  Second Empire

    Danseuses de l’Opéra au XIXème siècle : l’envers du décor

         L’exposition à l’affiche au Musée d’Orsay « Splendeurs et misères, images de la prostitution », m’a fait découvrir une forme de prostitution dont on parle peu : celle des danseuses de l’Opéra. Au XIXème siècle, cette vie d’asservissement aux hommes menée par les ballerines est une réalité.    Voici l’histoire peu recommandable (et peu enviable) de ces petits rats : loin de leurs glorieux instants sur scène, leur vie derrière le rideau… L’Opéra, lieu de paraître     Au début du XIXème siècle, dans l’imaginaire social, la danse demeure l’activité érotique féminine par excellence : le corps est montré, les courbes mises en valeur. Difficile alors de dire si ces messieurs sont là pour…

  • La Castiglione, ses photos : fascination et modernisme
    Dames de coeur,  Fêtes, arts et création,  Second Empire

    La Castiglione, ses photos : fascination et modernisme

         La comtesse de Castiglione est célèbre pour avoir été la maîtresse de Napoléon III, et pour ses tenues audacieuses arborées lors de bals aux Tuileries. Mais l’œuvre véritable de la Castiglione, ce sont ses photographies.    Si sa liaison avec l’Empereur dura un peu plus d’un an (entre 1856 et 1857), si ses apparitions en costumes fantaisistes lui accordèrent une gloire de quelques heures, ses photographies, elles, sont encore là, immortelles. Elles se détachent nettement des photographies traditionnelles et, encore aujourd’hui, fascinent par leur modernisme et leur côté provocateur. Premiers essais    Lorsqu’elle arrive à Paris en 1856, Virginia prend  le chemin de l’atelier de Pierson. Les années 1850 marquent…

  • Fêtes, arts et création,  Progéniture et fratrie : casse-tête chinois,  Restauration

    Marie d’Orléans, la fille artiste et romantique de Louis-Philippe

        [columns] [span6] [/span6][span6]      Princesse romantique jusqu’à la mélancolie, Marie occupe une place bien à part dans la fratrie Orléans.   Née le 12 avril 1813 et titrée Mademoiselle de Beaujolais, troisième des dix enfants du Roi Louis-Philippe et de la Reine Marie-Amélie, elle manifeste très jeune un goût prononcé pour les arts, la création, la modernité.    Son œuvre artistique, forcément réduite puisqu’elle meurt prématurément à l’âge de vingt-cinq ans, a vite été oubliée et négligée. Ses créations ont été considérées comme des caprices de « petite fille riche ».    Contrairement à son père, certes grand mécène, mais aimant la peinture purement historique, ressemblante et assez académique, Marie…

  • Fêtes, arts et création,  XVII et XVIIIème siècles

    La mode des mouches, attributs de la féminité

        De cache misère à code de galanterie    Selon certaines sources, ce sont les Arabes et les Perses qui, les premiers, considèrent les taches brunes sur la peau comme une marque de beauté. Les Romaines un peu coquettes, pour parfaire leur toilette, s’appliquent également un petit grain de beauté factice sur la joue. En France, la mode des mouches débute à la fin du règne de Louis XIII, et perdure jusqu’à la Révolution.    Au début, les femmes mais aussi les hommes (Louis XIV en personne donne l’exemple) s’appliquent des mouches sur le visage pour camoufler boutons et imperfections : la petite vérole, qui fait alors des ravages, laisse…