Marie-Louise, Reine-enfant de Philippe V d’Espagne

Philippe V de Bourbon, Roi d’Espagne

Philippe V par Melendez
Philippe V par Melendez

   Le 1er novembre 1700, le maladif Charles II de Habsbourg, Roi d’Espagne, meurt sans héritier : dans son testament il désigne comme successeur le second petit-fils de Louis XIV, Philippe, duc d’Anjou. Léopold Ier de Habsbourg, Empereur du Saint-Empire romain germanique, qui voyait déjà la couronne échoir à son fils l’archiduc Charles, ne se remet pas de cette fracassante nouvelle !

   Renonçant au trône de France, le duc d’Anjou devient Philippe V d’Espagne. Déraciné de Versailles, séparé de ses frères qu’il n’a jamais quittés depuis sa naissance, il s’installe à Madrid le 19 février 1701.

   Le nouveau monarque gagne presque immédiatement le cœur de ses sujets par sa prestance, sa simplicité et sa volonté manifeste de faire le bonheur de son peuple. En revanche, la suite française ne parvient pas à adopter l’Étiquette, la mode et les traditions arriérées de l’Espagne. La rivalité entre les deux clans instaure un climat d’intrigues et de querelles.

   Même le Roi a du mal à abolir certaines coutumes espagnoles qui lui compliquent singulièrement la vie. Rapidement, il se sent très seul à l’Alcazar. Nostalgique, il est prêt à sombrer dans la mélancolie, pour laquelle il a une prédisposition. 

   Il est urgent de le marier pour le tirer de ce dangereux ennui : Louis XIV propose la princesse Marie-Louise-Gabrielle de Savoie. Elle n’est âgée que de douze ans mais Philippe V accepte aussitôt, plein d’excitation. Qui est cette enfant destinée à devenir Reine d’Espagne ?

 

Marie-Louise-Gabrielle

   Le 22 septembre 1688, la duchesse de Savoie Anne d’Orléans, fille du frère de Louis XIV et d’Henriette-Anne d’Angleterre, met au monde une petite princesse que l’on nomme Marie-Louise-Gabrielle.

   Elle a déjà deux sœurs : Marie-Adélaïde, née en 1685, et Marie-Anne, née en 1687. Le duc Victor-Amédée de Savoie attend cependant avec impatience la venue d’un héritier. Son vœu sera doublement exaucé puisque la duchesse Anne donnera finalement naissance à deux fils qui survivront à l’enfance.

   Les trois princesses sont élevées ensemble, et bénéficient d’une éducation soignée, dispensée par leur mère et leur grand-mère. La mort de la seconde rapproche davantage Marie-Adélaïde et Marie-Louise. Les fillettes, extrêmement intelligentes et vives, s’adorent, font la fierté de leurs parents.

   Le 17 octobre 1696, Marie-Adélaïde contracte une brillante union en épousant l’aîné des petits-fils de Louis XIV, le duc de Bourgogne.

   Cinq ans plus tard, on annonce le mariage de Marie-Louise avec le nouveau Roi d’Espagne Philippe V. Le 12 septembre 1701, dans les larmes, la petite dit adieu à Turin et à sa famille. Les lettres qu’elle fait parvenir à sa grand-mère et à sa mère tout au long du trajet jusqu’en Espagne rappellent qu’elle n’est encore qu’une enfant. Ainsi le 17 septembre :

Ma chère maman, j’ai une grande tristesse dans le cœur, très grande, et principalement la nuit, quand je m’éveille et me trouve comme cela toute seule.

Marie-Louise-Gabrielle de Savoie
Marie-Louise-Gabrielle de Savoie

   Arrivée à Nice le 18 septembre, la petite Reine fait la connaissance de la princesse des Ursins, honorée par Louis XIV et Madame de Maintenon de la charge de camera mayor, équivalent espagnol de première dame d’honneur. Elle embarque avec elle sur La Capitaine le 25 au matin, et vogue vers son destin.

   Le trajet en mer est épouvantable : Marie-Louise souffre du mal de mer. Nostalgique, elle redoute cette nouvelle vie qui l’attend. Après avoir manifesté une certaine méfiance, la jeune fille s’attache à la princesse des Ursins, cette femme de plus de cinquante ans qui partage ses angoisses et sait la rassurer.

 

Révélation

   C’est à Figueras qu’à lieu la première rencontre avec Philippe V. Impatient, le souverain est en avance, et décide de surprendre sa femme en se présentant devant le carrosse incognito. Le visage noble et l’allure majestueuse de cet homme svelte et fringuant ne trompe pas Marie-Louise : elle reconnaît tout de suite son mari. Elle veut sortir de la litière pour le saluer, Philippe l’arrête d’un geste de la main, qu’elle prend entre les siennes. Ils restent là un instant à se regarder dans les yeux.

   On peut sans exagération parler alors de coup de foudre réciproque. Marie-Louise est tout de suite séduite par ce Roi mystérieux, aimable et désireux de lui plaire. Face à ce prince charmant romanesque, elle oublie les désagréments du voyage. Quant à Philippe V, il sent comme électrisé par la force et la vivacité qui émanent de sa jeune épouse. Ce regard fier, espiègle et confiant sera sa planche de salut. Il puisera chez sa femme l’énergie nécessaire pour affronter les terribles années qui les attendent. La consommation du mariage est une véritable révélation pour tous les deux.

Le jeune Roi, dont tout laissant à penser qu’il était dans la fleur de l’innocence (…), fit preuve d’exceptionnelles dispositions naturelles, car il se montra aussi apte à donner qu’à recevoir le plaisir dans toute sa force.

   Marie-Louise se montrera toujours heureuse de partager la couche de son fougueux époux. Dès lors, Philippe V gagne en confiance. Il éprouve un soulagement indescriptible à l’idée de pouvoir enfin partager le poids du pouvoir avec une autre âme en laquelle il se fond, l’âme d’une femme tendrement aimée et passionnément désirée.

   La lune de miel, qui se déroule en partie à Barcelone, est de courte durée. Le Roi doit prendre la route pour l’Italie, où l’attend le commandement d’une armée. En effet, à Vienne, l’Empereur Léopold n’a pas perdu son temps, fédérant l’Europe contre l’Espagne et la France en signant la Grande Alliance le 7 septembre 1701. Les armées des alliés menacent les territoires italiens du Roi d’Espagne.

   La Reine doit rester sur place, pour éviter des coûts financiers inutiles et assurer les arrières du monarque, dont l’autorité n’est pas encore assise. Conscient de ses devoirs, Philippe V s’arrache cependant avec une immense tristesse à cette femme qu’il apprend tout juste à connaître mais qu’il aime déjà furieusement. Le 8 avril 1702 a lieu la séparation, la première d’une longue série.

 

Une Régente de douze ans

Marie Louise tenant une miniature de Phiippe V, par Maria Leuel (Saragosse)
Marie Louise tenant une miniature de Phiippe V, par Maria Leuel (Saragosse)

   Marie-Louise reste donc à l’Alcazar, secondée par la redoutable princesse des Ursins, ambitieuse qui profite de la jeunesse et de l’inexpérience de la Reine pour se rendre indispensable et gagner définitivement sa confiance.

   Sa charge de camera major lui donne un accès constant à l’intimité de la souveraine, avec pour ordre de ne jamais la quitter. Voilà qui lui facilite grandement la tâche. Douée, mûre pour son âge, Marie-Louise n’en ressent pas moins le besoin de se faire épauler dans ses nouvelles fonctions.

   C’est en présence de la princesse des Ursins que Marie-Louise reçoit en audience les ambassadeurs étrangers. Lors des séances du Conseil, elle se tient derrière la jeune Reine, ne pouvant la laisser seule avec une assemblée d’hommes, et suit ainsi toutes les affaires. Elle facilite la tâche de la souveraine en la mettant au courant des affaires et devient vite indispensable à Marie-Louise.

   Confiante, la petite Reine ose des initiatives : lorsqu’elle se rend compte que l’assemblée ne l’écoute pas, elle prend calmement son ouvrage de broderie. Devant ces messieurs médusés, elle avoue qu’elle préfère travailler plutôt que de perdre son temps à des choses qui ne la regardent pas. Leçon retenue !

   Cette « petite épouse qui a le bonheur de vous aimer cent fois plus qu’elle-même » comme elle l’écrit à Philippe V, s’inquiète de le savoir loin d’elle. Mais elle se comporte en véritable Reine, et prend des décisions surprenantes pour son jeune âge :

   Lorsqu’arrivent à Madrid des étendard pris aux Impériaux sur le champ de bataille de Luzzana, elle les porte en procession solennelle, acclamée par la foule. La vision de cette jeune Reine rayonnante, animée d’une ardeur guerrière, exalte les espagnols qui jettent des brassées de fleurs sur son passage.

   Courant septembre on apprend qu’un corps expéditionnaire anglo-hollandais a débarqué près de Cadix. La Reine, armée d’un courage exceptionnel, convoque le Conseil et déclare qu’elle est prête à se rendre elle-même en Andalousie, à mourir s’il le faut ! Cette combativité se communique à ses sujets : les Espagnols mettent en fuite leurs agresseurs. Marie-Louise permet ainsi à la couronne de conserver cette province importante et gagne toutes les villes d’Andalousie à la cause de Philippe V.

   Elle ne cesse ainsi d’entretenir l’amour du peuple pour son Roi absent, valorisant ses faits d’armes. Marie-Louise, en vérité, surprend tout le monde. Cette petite personne curieuse, ferme et courageuse, qui fait toujours des remarques judicieuses, possède une taille fine, un port de tête hardi et majestueux : elle paraît déjà adulte. Louis XIV est le premier à rendre compte des qualités de Marie-Louise lorsqu’il écrit à son petit-fils :

Regardez présentement votre mariage comme le plus grand bonheur de votre vie. La complaisance de la Reine, sa douceur et sa raison, ne sont pas moins rares qu’il est extraordinaire de trouver toutes ces qualités dans une personne de son âge.

 

« La Savoyana ! »

   Philippe V supporte mal la séparation avec sa femme, et commence à être victime d’accès terribles de mélancolie. Il regagne l’Espagne. Les retrouvailles ont lieu le 14 janvier 1703 à Guadalajara, puis le couple prend le chemin de la capitale. La vue de ce jeune couple amoureux fait fondre de tendresse le peuple madrilène.

   Hélas la guerre ne tarde pas à reprendre et les époux sont à nouveau séparés. En l’espace de deux ans, le royaume est envahi de tous côtés. En 1704, la flotte anglaise s’empare de Gibraltar et débarque l’archiduc Charles, qui n’a pas renoncé à la couronne.

   C’est au cours de l’année 1705 que la santé de Marie-Louise commence à s’altérer : son visage est pâle, émacié, et son cou gracile s’est couvert de ganglions, qu’elle tente en vain de cacher.

   En 1706, les anglais mettent le siège devant Barcelone obligeant le Roi à la fuite. A Madrid, Marie-Louise ne se laisse pas abattre et, le 25 avril 1706, elle décrète l’armement de tout le royaume pour pouvoir « opposer au moins quelque chose aux ennemis ». Elle avoue à Madame de Maintenon qu’il ne s’agit que de milices : « mais on a rien de mieux ». La Reine n’hésite pas à s’opposer aux Grands, leur faisant valoir que l’heure est à l’action et non à la réunion du Conseil.

   En quelques heures, la souveraine de 17 ans redonne courage à ses sujets : elle incarne l’espérance de toute une nation ! Le soir du Jeudi saint, la foule se masse devant les balcons de l’Alcazar et scande : Viva ! Viva la Savoyana ! Le 31 mai elle écrit à Madame de Maintenon :

Marie-Louise en 1708 par l'atelier de Melendez
Marie-Louise en 1708 par l’atelier de Melendez

Je puis vous assurer que Dieu me donne assez de courage pour prévoir toutes les suites les plus fâcheuses sans me laisser abattre.

 

L’amour du peuple

   Et du courage, il lui en faut. Barcelone est prise le 7 mai, et en juin elle doit fuir sa capitale devant l’avancée des alliés. Installée à Burgos avec la princesse des Ursins, dans un espace insalubre infesté de moustiques, elle souffre de l’écrasante chaleur castillane.

   Marie-Louise est sans nouvelle de sa famille, qui subit le siège de Turin. Son propre père s’est rallié à l’Empereur trois ans plus tôt, entrant en guerre contre les royaumes de ses deux filles ! A ce père prêt à s’opposer à son bonheur pour quelque territoire italien, elle écrira en 1708 :

Pourquoi croyez-vous, mon cher père, que je n’aie plus d’amitié pour vous… ? (…) Il me semble que c’est bien plutôt à moi de vous adresser des reproches, puisque vous faites de votre mieux pour m’arracher la couronne… Jusqu’à quand, mon cher père, prétendrez-vous persécuter vos filles en leur faisant souffrir tout ce qu’on peut imaginer ?

   Désormais, le cœur de la savoyarde est pour l’Espagne, pour ce peuple qui l’aime et l’admire, lui rendant plus supportables les douleurs de l’exil. Tandis que les anglo-portugais sont installés à Madrid, Marie-Louise retrouve son époux à Ségovie. Elle se jette dans ses bras. Ils restent enlacés sous la pluie, au milieu de la rue : « Leurs Majestés s’étaient entredévorés de baisers ».

   L’archiduc Charles, dans la capitale, se fait proclamer Roi d’Espagne ! La population, attachée à Philippe V et Marie-Louise, se montre tellement hostile que les envahisseurs jugent plus prudent de se retirer. « Les Rois », comme on les appelle, peuvent faire leur retour à Madrid, acclamés par une foule en délire. Marie-Louise écrit alors à Madame de Maintenon, avec une clairvoyance et une sagesse étonnante :

On a bien vu à cette occasion que c’est les peuples à qui nous devons la couronne. Nous ne pouvons compter que sur eux, mais, grâce à Dieu, ils font le tout.

 

Naissances au milieu des désastres

Marie-Louise avec son fils Louis, futur Louis Ier, par Melendez (au second plan on aperçoit la princesse des Ursins)
Marie-Louise avec son fils Louis, futur Louis Ier, par Melendez (au second plan on aperçoit la princesse des Ursins)

   Le 29 janvier 1707, on annonce que la Reine est enceinte. C’est une explosion de joie à travers tout le pays, qui n’a pas connu l’annonce d’une naissance royale depuis 46 ans ! Mais Marie-Louise est alors déjà gravement atteinte par la maladie incurable qui allait l’emporter.

   La grossesse cependant, est salutaire pour sa santé : elle retrouve son éclat et les ganglions disparaissent. Le 25 août elle met au monde Louis, prince des Asturies et héritier de la dynastie.

   A peine quelques mois après l’accouchement, les ganglions réapparaissent, plus gros encore. Les médecins mettent cela sur le compte d’une nouvelle grossesse.

   Le 2 juillet 1708, l’accouchement est très pénible : l’Infant, nommé Philippe, est atteint d’une tumeur et meurt une semaine plus tard de convulsions. Marie-Louise, profondément affectée, ne se rétablit que très lentement, et continue à mener sa vie éreintante.

   La courte ère glacière qui s’abat sur l’Europe au cours de l’hiver 1709 décourage les belligérants, et surtout la France de Louis XIV. Le monarque vieillissant doit penser à son pays épuisé, et hésite quelques temps à poursuivre la guerre. Mais les conditions inacceptables imposés par les alliés déclenchent un sursaut de patriotisme qui se communique à tout le pays. Non, Louis XIV n’abandonnera pas son petit-fils !

   L’attachement des Espagnols à la Monarchie des Bourbons, et plus particulièrement à Marie-Louise, se manifeste de façon spectaculaire en 1710. Confiant une fois de plus la Régence à son épouse, Philippe V part à la tête de ses troupes qui subissent une grave défaite le 27 juillet à Almenara : le Roi faillit être tué. L’archiduc se prépare à entrer (encore) dans Madrid. Marie-Louise doit fuir. Mais cette fois, la noblesse et la population entière de la ville, soit 30 000 personnes, accompagnent leur souveraine dans son exil et s’installent à Valladolid !

   C’est la première marche vers la victoire définitive : les troupes autrichiennes et anglaises se chamaillent, décimées par la dysenterie. L’archiduc doit quitter rapidement Madrid, déserté par ses habitants… La Savoyana, gagnant les cœurs par son immense courage, a sauvé une fois de plus le trône de son mari.

   La foule acclame la famille royale qui se présente au balcon du palais à Valladolid, la Reine tenant son fils Louis dans ses bras. Dès le 20 septembre arrivent les renforts envoyés par Louis XIV. La glorieuse victoire des franco-espagnoles à Villaviciosa le 10 décembre sonne la reconquête du royaume par Philippe V.

 

Une terrible maladie

La Reine, toute ragaillardie qu’elle fut par les victoires espagnoles et par cet incroyable retournement de situation, n’en montrait pas moins d’inquiétantes marques d’épuisement et de malaises.

   Son état ne fait qu’empirer et les médecins s’acharnent sur leur patiente qui tousse à fendre l’âme : purgatif, vomitif, lait d’ânesse, sang de pigeon appliqué sur la tête…

   Le 21 avril, elle reprend du poil de la bête, retrouve l’appétit, et parvient à se lever au mois de juin. Elle passe les quatre mois suivant en cure à Corella, près de Saragosse : le Roi vient l’y rejoindre. C’est de nouveau enceinte qu’elle regagne Madrid avec son époux, le 15 novembre 1711, dans l’allégresse d’une capitale définitivement reconquise…

   Rémission illusoire. Le 12 février 1712 à Versailles, la mort de sa sœur adorée, Marie-Adélaïde, suivie de celle de son époux le duc de Bourgogne, l’atteint aussi durement que Philippe V, qui perd lui aussi un frère. Après avoir donné naissance le 7 juin 1712 à un troisième garçon que l’on baptise Philippe, fièvre et ganglions ressurgissent. Les médecins sont alarmés lorsqu’ils découvrent, en janvier 1713, qu’elle est encore enceinte…

   Terriblement diminuée, Marie-Louise donne naissance le 23 septembre 1713 à un quatrième garçon : Ferdinand, qui deviendra un jour le Roi Ferdinand IV

Marie-Louise par Melendez, un an avant sa mort : une écharpe de dentelle cache ses ganglions.
Marie-Louise par Melendez, un an avant sa mort : une écharpe de dentelle cache ses ganglions.

   Elle semble alors se rétablir jusqu’au mois de novembre où elle est contrainte de s’aliter : victime de crises d’étouffement, elle ne se relèvera plus.

Marie-Louise écrivait encore régulièrement à sa mère et à sa grand-mère. Elle leur cachait son état, disant même que sa fièvre était tombée. D’ailleurs elle ne se rendait pas compte qu’elle approchait de sa fin.

   Pas moins de sept médecins se relaient à son chevet, incapables de diagnostiquer le mal dont elle souffre. Ils n’osent pas se prononcer sur l’état désespéré de la Reine, redoutant à juste titre la réaction de Philippe V. Assurément, la disparition de Marie-Louise serait une catastrophe pour l’Espagne.

   Philippe, petit à petit, comprend que la fin est proche. Après des adieux déchirants, il quitte l’Alcazar, tandis que le peuple se presse aux abords du palais et prie pour le rétablissement de la Reine. Une heure seulement après le départ du Roi, Marie-Louise décède à l’âge de 25 ans, le 14 février 1714. L’autopsie dévoilera qu’elle était en phase terminale d’une tuberculose qui la rongeait depuis longtemps.

   Philippe V, dévasté par la mort de Marie-Louise, se jettera avec avidité sur sa nouvelle épouse, Elizabeth Farnèse, pour combler un vide affectif immense, mais ne s’en remettra jamais. Le Roi sera en effet, jusqu’à sa mort en 1746, rongé par une terrible mélancolie qui ne trouvera son apaisement que dans la prière et la musique… Marie-Louise de Savoie demeure l’une des Reines les plus aimées des Espagnols.

 

Sources

♦ Philippe V, Roi d’Espagne : Petit-fils de Louis XIV , de Suzanne Varga

♦ Philippe V d’Espagne, un roi baroque esclave des femmes , de Philippe Erlanger

♦ Une reine de douze ans, Marie-Louise-Gabrielle de Savoie, reine d’Espagne, de Lucien Perey

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12 Réponses

  1. chrishasenfratz

    merci pour cette page d’histoire de l’espagne !

  2. Un destin tragique mais magnifique ! Merci de nous avoir fait découvrir cette jeune fille !

  3. Chloé Vitter

    Très intéressant ! J’aime beaucoup cette princesse, elle a fait montre de ténacité et de douceur pour se faire aimer . Au moins Philippe V a été heureux avec elle parce qu’avec Elisabeth Farnèse c’était pas pareil. Et puis j’aime bien les histoires d’amour dans l’histoire de France. En fait les deux sœurs ont fait des mariages d’amour .

    • Plume d'histoire

      Très belle personne, cette Marie-Louise ! Oui, et malheureusement elles sont mortes toutes deux prématurément :/

  4. Abbaoui Laurence

    Une dure vie pour cette petite princesse, à peine nubile lors de son mariage. Heureusement qu’elle est tombée amoureuse de son mari et réciproquement.

    • Plume d'histoire

      Elle n’était qu’une enfant mais elle s’est comportée avec tellement de maturité !

  5. Un Savoisien ^^

    Sans le vouloir, vous avez insulté la reine. le terme Savoyard est totalement péjoratif, il a été « instauré » et imposé par les parisiens lors de l’annexion de 1860.
    Savoyard : homme sale, grossier et brutal, on emploie le mot savoyard par mépris », (Dictionnaire Universel, Paris 1834)
    Savoyard : dans un langage très familier, on emploie ce mot pour désigner un homme grossier, rustre », (Dictionnaire des Dictionnaires, Paris 1837)
    Savoyard : paysan grossier, ramoneur, employé comme injure au XIXe siècle », (Dictionnaire de langue Française de Paul Robert, Paris 1989).
    Et non, le terme savoisien n’est pas utilisé que par les indépendantistes
    Merci de votre correction

    • Plume d'histoire

      Je suis navrée mais non je n’insulte pas cette chère Reine en l’appelant Savoyarde, qui n’est plus un terme péjoratif !

  6. Cette petite savoyarde a su se faire aimer de son époux et de son peuple et a fait montre d’un courage et d’une force de caractère dans les épreuves …. comment se serait comporter Marie-Adélaïde si elle était devenue reine à son tour ?
    Merci pour cet article, j’aime beaucoup cette reine, elle méritait qu’on s’y attarde .

    • Plume d'histoire

      Je pense que Marie-Adélaïde aurait été une très bonne Reine ! Mais l’Histoire en a décidé autrement 🙂

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