• Crimes et maladies,  Progéniture et fratrie : casse-tête chinois,  XVII et XVIIIème siècles

    Hécatombe dans la famille de Louis XIV

         En ce début d’année 1711, Louis XIV est un monarque vieillissant de plus de soixante-dix ans. Son autorité est reconnue et respectée dans toutes les Cours d’Europe. Il peut se targuer d’être le plus puissant Roi du monde.    Une domination qui passe par sa descendance, bien pourvue en mâles, vitrine de sa souveraineté. Ils garantissent une continuité dynastique sur plusieurs générations. Une confiance en l’avenir qui va, au cours des quatre années qui lui restent à vivre, être terriblement mise à mal…   Une descendance assurée    Louis XIV a eu six enfants de son union avec Marie-Thérèse d’Autriche. Un seul a survécu : Louis, Monseigneur, dit le…

  • Croyances et moeurs,  Princes au quotidien,  XVII et XVIIIème siècles

    Hygiène à Versailles : bain, dentifrice et chaise percée !

        Une légende persistante veut que Louis XIV n’ait pris qu’un seul bain au cours de sa vie… De nos jours, la Cour du Roi-Soleil est particulièrement décriée pour son hygiène déplorable. Il est vrai qu’au Moyen-Âge, on se lave beaucoup plus souvent que sous l’Ancien-Régime, époque qui semble afficher une régression dans ce domaine. Mais les courtisans de Versailles sont loin d’être ces monstres de saleté, ces personnages crasseux et emperruqués qui se soulagent dans les couloirs et se parfument à l’excès dans le seul but de camoufler leurs odeurs corporelles.   L’eau et la propreté     Contrairement à une idée reçue, Versailles dispose d’arrivées d’eau courante dès…

  • Dames de coeur,  XVII et XVIIIème siècles

    Louise de Polastron, Ange rédempteur du comte d’Artois

         « C’était la tendresse vivante » affirme Lamartine. Personnalité touchante et discrète, coquette mais point ambitieuse, celle que Marie-Antoinette surnommait « la bonne Louise » demeura la maîtresse du comte d’Artois, futur Charles X, jusqu’à sa mort. Ce grand amateur de femmes particulièrement frivole, sut reconnaître en Louise des qualités de cœur qui inspirèrent à ses contemporains éloges et compliments poétiques.   La jeunesse dorée du XVIIIème siècle    Louise d’Esparbès de Lussan, née le 19 octobre 1764, ne connaîtra jamais sa mère, morte six semaines après lui avoir donné le jour. Elle noue en revanche des liens très forts avec son grand-père maternel.    Issue d’une noble et très ancienne famille…

  • Crimes et maladies,  Princes au quotidien,  XVII et XVIIIème siècles

    La maladie de Crohn : tombeau du Roi Louis XIII

    Les colères du Dauphin    Lorsque le Dauphin Louis, premier enfant d’Henri IV et Marie de Médicis, naît le 27 septembre 1601 au château de Fontainebleau, c’est un gros bébé qui fait la fierté de ses parents. Il promet de surpasser son père en résistance physique ! Enfant en effet, il déborde de vie et aime particulièrement les activités de plein air. Il faut le tenir constamment occupé.    Cependant, c’est aussi un bambin colérique, qui pique des crises sans prévenir pour un oui ou pour un non. Ces sautes d’humeur font partie de son caractère : très fier et imbu de sa naissance, il méprise (gentiment mais fermement) les bâtards nés…

  • Croyances et moeurs,  Princes au quotidien,  XVII et XVIIIème siècles

    Ferdinand IV de Naples, un souverain… pas très royal !

       Ferdinand IV de Naples, puis Ferdinand Ier des Deux-Siciles (1751 – 1825) restera pour ses sujets le bien-aimé Re Nasone (Roi Gros Nez…) ou Re Lazzaroni. Sa popularité auprès de ce petit peuple napolitain, les lazzaroni, ne se démentira jamais, et lui permettra de remonter sur le trône des Deux-Siciles après l’ouragan Bonaparte !    Mais qu’avait donc le Roi Ferdinand de si particulier pour s’attacher durablement l’affection de ses sujets les plus humbles ?   Un peuple insouciant    Les Napolitains sont un peuple expressif : ils aiment parler et rire bruyamment, gesticuler, dire ce qu’ils pensent et laisser libre cours à leurs passions. Ils sont excessifs aussi, passant d’un…

  • Crimes et maladies,  Fin XIXème et XXème siècle,  Princes au quotidien,  Progéniture et fratrie : casse-tête chinois,  Second Empire

    Hémophilie chez les descendants de la Reine Victoria

         L’hémophilie. Une maladie très rare, fléau des têtes couronnées à la fin du XIXème et au début du XXème siècle.    Empêchant la coagulation du sang, cette pathologie se transmet par les femmes, mais n’affecte que les hommes, et un homme atteint transmet presque obligatoirement la maladie à ses filles, etc… Un hémophile ne peut envisager une vie normale, car il doit perpétuellement faire attention : le moindre choc peut causer une hémorragie. Jusqu’aux années 1970, l’espérance de vie des hémophiles était très faible, vingt ans environ à cause de l’absence de traitement et des risques d’accidents.   « Le mal Victorien »    Victoria, fille du prince Edouard de Kent…

  • Fêtes, arts et création,  Renaissance,  XVII et XVIIIème siècles

    La mode excentrique des fraises : évolutions

         Après un article sur la mode des perruques, et un autre sur la mode des mouches, je me penche à présent sur les fraises…    À la Cour de France, la seconde moitié du XVIème siècle consacre un nouveau type de col qui, objet de multiples variations, va faire fureur jusqu’au début du XVIIème siècle : la fraise. Adoptée dans la plupart des pays d’Europe, elle est l’ancêtre de tous les collets, jabots, cravates et cols qui foisonneront au cours des siècles suivants.   1550 : le décolleté est dissimulé    Jusqu’à la fin du règne de François Ier (1515 – 1547) et même au tout début du règne d’Henri II (1547…

  • Fêtes, arts et création,  Princes au quotidien,  XVII et XVIIIème siècles

    Mesdames de France musiciennes

         La musique participe presque obligatoirement à l’éducation d’une princesse, au même titre que la danse ou le chant. Dans le cas de Mesdames, filles de Louis XV et Marie Leszczynska, la musique va prendre une place particulière.    Pour au moins quatre des six filles du couple qui atteindront l’âge adulte, Henriette, Adélaïde, Victoire et Sophie, la musique devient un véritable « dérivatif au néant de leur existence », une activité qui justifie la vie tristement vaine et monotone de ces princesses.   La passion des filles de France    Mesdames sont plongées dès leur plus tendre enfance dans cet univers artistique. Si Louis XV n’est guère sensible qu’aux sonneries de…

  • Dames de coeur,  Princes au quotidien,  Renaissance,  XVII et XVIIIème siècles

    Corisande, maîtresse et confidente d’Henri IV

         Ah, les fameuses conquêtes d’Henri IV ! Paysannes ou filles d’aubergistes, bourgeoises ou nobles, passades ou maîtresses officielles… Elles sont légions. Corisande occupe, dans cette liste, une place à part. Refusant toujours le statut de favorite, elle fut l’unique maîtresse de Henri à l’aimer uniquement pour lui-même.    C’est la première grande histoire d’amour de celui qui n’est encore que Roi de Navarre. La seule qui fut réciproque, dans sa quête éperdue d’affection. De leurs amours subsiste le plus beau des témoignages : une correspondance régulière d’une incroyable qualité.   Riche héritière    Née au château d’Hagetmau en 1555, Diane d’Andoins, de son vrai nom, est issue d’une illustre et…

  • Croyances et moeurs,  Fêtes, arts et création,  Princes au quotidien,  XVII et XVIIIème siècles

    Quand les Bourbons portaient perruque

    S’il est bien un symbole absolu de l’Ancien Régime, c’est la perruque.    Assurément, les Bourbons ne l’ont pas inventée. Elle est présente dès l’Antiquité, chez les Egyptiens, puis chez les Grecs et les Romains. Certains Rois, princes ou ducs, victimes d’une perte de cheveux disgracieuse et précoce, se parent d’une perruque. Mais ils y sont alors forcés par la dure nécessité…    Réellement adoptée sous Louis XIII, la perruque devient un accessoire de mode à part entière : on ne cherche plus à la camoufler. Louis XIV en fait le symbole de la majesté et de la virilité royale, un objet de prestige. La mode Louis XV se démarque du…

  • apparition du chocolat à la cour de france
    Croyances et moeurs,  Princes au quotidien,  XVII et XVIIIème siècles

    L’apparition du chocolat à la Cour de France

         Découvertes chez les Aztèques et rapportées par Cortez à Charles Quint en 1524, les fèves de cacao restent sous le monopole de l’Empire des Habsbourg jusqu’au début du XVIIème siècle.    Progressivement, le chocolat se diffuse dans une Europe friande de nouveautés en provenance de ces colonies exotiques qui excitent l’imagination. Le chocolat devient, au milieu du XVIIème siècle, une mode fluctuante et controversée à la Cour de France, un produit de luxe. Personne, en tout cas, ne lui reste indifférent !   Du chocolat dans les bagages d’Anne d’Autriche    Chez les Habsbourg d’Espagne, le chocolat « à boire » comme on dit alors, est le breuvage par excellence.…

  • Les animaux exotiques des Rois : de Charlemagne à Louis XIII
    Croyances et moeurs,  Moyen-Age,  Princes au quotidien,  Renaissance,  XVII et XVIIIème siècles

    Les animaux exotiques des Rois : de Charlemagne à Louis XIII

           Cadeaux diplomatiques, caprices personnels, souvenirs de voyages ou encore spécimens rapportés par des naturalistes en expédition… les animaux exotiques fascinent les souverains d’Europe.    Qu’il s’agisse de montrer sa puissance, d’étaler la fortune de son pays, de divertir et étonner sa Cour, ou encore de faire progresser la science, posséder un animal rare constitue toujours une marque de noblesse et de grandeur. Les monarques français s’adonnent eux aussi, et avec passion, à cette mode séculaire.   Un éléphant, un ours et un lion pour Charlemagne     Durant le très haut Moyen-Age, il est peu fait mention d’animaux exotiques. On sait que Clotaire II (534 – 628) possède…