La légende de Jack O’Lantern : l’origine de la citrouille d’Halloween

Citrouille d'Halloween

 

  Qui, aujourd’hui, n’a jamais entendu parler de la fameuse citrouille d’Halloween, celle que l’on évide pour y sculpter un visage grimaçant éclairé par une bougie ?

    Ce légume d’une belle couleur orangée est devenu, au fil des siècles, le symbole par excellence d’Halloween. Mais saviez-vous qu’avant d’utiliser des citrouilles, on utilisait des navets ? Et pour une raison bien spécifique…

Lorsque les morts viennent hanter les vivants

   Halloween est loin d’être une invention Américaine. Sa célébration remonte à plus de 2 500 ans, et est issue de la culture celte : la fête de Samain. Après la récupération de la fête par l’église catholique, le terme « Halloween » est né. Il s’agit de la contraction d « All Hallows eve » qui signifie : la veille de tous les saints.

   Il faut savoir que l’année celte et gauloise s’achevait à la fin de notre mois de novembre actuel. Une nuit de pleine lune durant laquelle était célébrée la nouvelle année, censée ouvrir une brèche entre le royaume des vivants et celui des morts. Durant 7 jours (3 jours avant et 3 jours après l’ouverture de la brèche), on célébrait l’esprit des défunts, pour tenter de les dissuader de venir hanter les vivants.

   Les irlandais ont perpétué la célébration de Samain. Les déguisements de sorcières, fantômes et diables en tout genre étaient alors de mise : ils servaient à tromper les esprits et à se protéger d’eux ! L’un de ces esprits craints par les irlandais est le personnage d’un conte. Issu d’une tradition orale, ce conte connait des variations, notamment dans d’autres versions régionales (Angleterre, Écosse, etc), laissez moi cependant vous raconter la version la plus communément répandue.

 

Jack Stingy, celui qui a voulu… tenter le diable

   Le protagoniste principal de cette histoire est un certain Jack Stingy, habitant de Wicklow, une bourgade de la côte est irlandaise. Homme riche et avare, ivrogne accompli, Jack vit dans l’opulence sans se soucier de son prochain. Ses nuits, il les passe au « Wicklow Square », à boire et à s’encanailler. Une nuit (cette fameuse nuit de pleine lune célébrant Samain), accoudé au bar comme toujours, il rencontre le diable.

   Satan tente de s’approprier l’âme de Jack. Rusé, Stingy accepte, à une condition : que le diable lui paie un dernier verre… Satan accepte et se transforme en pièce de monnaie. Jack, au lieu de passer commande au tavernier, glisse la pièce de monnaie dans sa poche. Il garde depuis toujours au fond de cette poche une croix en argent. La croyance veut que le symbole de la croix paralyse le diable ! Satan se trouve ainsi piégé. Jack propose de le libérer s’il promet de lui donner encore 10 ans de sursis. Obligé d’accepter, le diable regagne les enfers, furieux.

   10 ans plus tard, Satan surprend Jack au détour d’un chemin planté d’un pommier : il est temps, comme convenu, de récupérer son âme. Stingy accepte, cette fois-ci, en échange d’une dernière pomme. Le diable grimpe sur le pommier : Jack en profite pour tracer une croix sur le tronc de l’arbre. Une fois de plus, Satan se retrouve piégé.

   Il est contraint d’accepter le nouveau marché que lui propose Jack : en échange de sa liberté, ne jamais, jamais prendre son âme. Et Satan s’en retourne une nouvelle fois bredouille aux enfers…

 

Illustration de Jack Stingy piégeant le diable
Illustration de Jack Stingy piégeant le diable

   Si Jack avait su ce qui l’attendait, il aurait sans doute réfléchi à deux fois avant de conclure un marché pareil ! A sa mort, Jack se voit bien entendu refuser l’entrée au paradis. Il frappe alors à la porte des enfers… Le diable lui rappelle sa promesse : ne jamais prendre son âme. Il n’entrera pas plus aux enfers qu’au paradis ! Qu’il retourne donc d’où il vient !

  Pour toute consolation, le diable lui offre une braise qui le guidera dans sa longue pénitence. Jack, pour protéger le charbon incandescent du vent, le place dans un navet soigneusement évidé. Depuis ce jour, Jack Stingy erre comme une âme en peine, sa lanterne improvisée dans une main, entre le monde des vivants et celui des morts. Il réapparaît le jour de l’ouverture de la brèche entre les deux mondes, le jour de Samain, en attente du Jugement Dernier.

Les citrouilles d'Halloween sont surnommées les Jack O'Lantern
Les citrouilles d’Halloween sont surnommées les Jack O’Lantern

Le navet se transforme en citrouille

   Les irlandais, lors de la célébration de Samain, évidaient des navets et leur donnaient un visage, peint ou creusé. Ils plaçaient des chandelles à l’intérieur, pour reproduire la lanterne de Jack Stingy, le maudit, « dans l’espoir que cette figuration d’une âme damnée ferait fuir les esprits ».

  Dans les années 1845-1850, une importante pénurie de pommes de terre entraine une famine particulièrement meurtrière. Plus de 700 000 irlandais émigrent en Amérique, emportant avec eux leurs traditions celtiques, et la légende de Jack O’Lantern. Mais dans leur nouvelle patrie, les navets ne se cultivent pas en abondance : à la place, ils utilisent donc des citrouilles, qui font très bien l’affaire, et qui sont encore plus faciles à évider… Depuis, les fameuses citrouilles d’Halloween sont surnommées… les Jack O’Lantern !

 

Sources

♦ La fabuleuse histoire de Jack O’ Lantern, de Anthony Luc Douzet

♦ Histoire pour tous : Origine et histoire d’Halloween

♦ GuideIrlande.com : Jack O’Lantern

♦ Le Journal municipal de Saint-Jean-Baptiste (octobre 2009) : La légende de Jack O’Lantern

 

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